Le Canada compte près de 2,5 millions de travailleur·ses indépendant·es. Pourtant, seul·es environ 52 700 sont inscrit·es et cotisent au régime d’assurance-emploi, ce qui signifie que seule une petite partie peut prétendre aux prestations de maladie ou d’invalidité de l’assurance-emploi. Par ailleurs, seule la moitié dispose d’une assurance maladie privée.
Cela signifie que des millions de travailleur·ses indépendant·es n’ont pas accès à des régimes d’assurance publics ou privés susceptibles de les aider à compenser la perte de revenus en cas de problème de santé grave, comme un cancer du sein.
Le cancer du sein peut avoir des répercussions sur de nombreux aspects de la vie quotidienne, notamment sur la capacité à travailler. Pour les travailleur·ses indépendant·es, concilier travail et traitement peut poser des difficultés supplémentaires, tant sur le plan financier que pratique. Il est donc essentiel de connaître les aides disponibles pouvant contribuer à réduire le stress financier pendant le traitement.
Quels sont les défis liés au travail indépendant lorsque l’on a un cancer du sein?
Le statut d’indépendant·e offre une certaine flexibilité et une grande autonomie, ce qui explique souvent pourquoi des millions de personnes choisissent ce type de travail. Mais cela peut aussi signifier une baisse de protection sociale lorsqu’une maladie grave affecte votre capacité à travailler.
Les travailleur·ses indépendant·es, qu’ils ou elles dirigent une petite entreprise, exercent une activité à la pige, travaillent comme consultant·es ou tirent leurs revenus de plateformes de petits boulots, n’ont souvent pas accès aux avantages suivants :
- Congés maladie
- Congés avec garantie d’emploi
- Aménagements sur le lieu de travail
- Assurance invalidité de l’employeur
Pour beaucoup de gens, s’absenter pour suivre un traitement peut signifier une perte de revenus ou de client·es. Contrairement aux personnes qui travaillent dans des environnements professionnels traditionnels, il se peut qu’il n’y ait pas de service des ressources humaines pour vous aider à gérer vos congés ou l’aménagement de votre lieu de travail. Au lieu de cela, vous devrez prendre ces décisions par vous-même.
Le travail peut également être étroitement lié à l’identité personnelle et à la stabilité financière. Certaines personnes choisissent de continuer à travailler pendant leur traitement afin de conserver leurs revenus ou de rester en contact avec leur milieu professionnel, tandis que d’autres le font uniquement pour des raisons financières. D’autres encore pourraient avoir besoin ou être en mesure de suspendre temporairement leurs activités commerciales. Chaque situation est différente et les décisions concernant le travail dépendent de l’état de santé de chacun·e, des séances de traitement, des besoins financiers et des réseaux de soutien disponibles.
Gestion du travail
Si vous décidez de continuer à travailler pendant le traitement ou si vous devez le faire, il existe des stratégies qui peuvent vous aider. Si le travail indépendant peut être source d’incertitude, il offre également une grande flexibilité quant à la manière et au moment d’accomplir son travail.
Les effets secondaires des traitements, tels que la fatigue, les nausées ou les difficultés de concentration, peuvent rendre difficile la gestion d’une charge de travail complète et il se peut que vous ne puissiez pas maintenir votre charge de travail habituelle. Il est donc souvent nécessaire de devoir revoir ses attentes pendant le traitement.
Voici quelques approches qui pourraient s’avérer utiles :
- Donnez la priorité aux tâches essentielles et concentrez-vous sur les tâches les plus importantes
- Adaptez votre emploi du temps en fonction de votre traitement, ou planifiez votre travail aux moments où vous ressentez moins d’effets secondaires
- Prévoyez du temps supplémentaire entre les échéances pour pouvoir vous reposer
- Décomposez le travail en tâches plus petites et plus faciles à gérer
- Utilisez des modèles ou des outils d’intelligence artificielle (IA) pour réduire les tâches répétitives
La communication avec vos client·es est également importante. Vous n’êtes pas obligé·e de leur communiquer des informations médicales personnelles, mais le fait de les informer lorsque les délais risquent d’être plus longs ou que les projets doivent être adaptés peut contribuer à préserver de bonnes relations.
Si vous en avez la possibilité, faites appel à des travailleur·ses indépendant·es ou embauchez du personnel temporaire pour alléger votre charge de travail.
Retour au travail
Si vous avez pris un congé ou réduit votre charge de travail, vous devrez peut-être retrouver progressivement votre rythme de travail. Vous pouvez, par exemple :
- Commencer par des projets plus modestes ou un nombre réduit de client·es
- Adapter vos horaires de travail pendant votre rétablissement
- Définir des délais réalistes
Le processus de rétablissement peut varier d’une personne à l’autre, et il vous faudra peut-être des mois, voire des années, pour retrouver vos habitudes de travail.
Planification financière
Étant donné que les revenus des travailleur·ses indépendant·es peuvent être imprévisibles, vous devriez penser à vous préparer à d’éventuelles perturbations, comme :
- Faire le point sur votre épargne ou votre fonds d’urgence
- Vous renseigner sur votre couverture d’assurance invalidité (le cas échéant)
- Vérifier les conditions d’admissibilité aux programmes publics
- Obtenir des conseils financiers en prévision d’une éventuelle perte de revenus
Utilisez notre base de données Explofinances pour découvrir les aides financières et autres ressources communautaires disponibles.