Lorsque l’on apprend que l’on a un cancer du sein, la dernière chose à laquelle on s’attend est le nombre de tickets de stationnement, de factures de pharmacie et de jours d’absence au travail. Ces coûts cachés constituent, pour beaucoup, une réalité pendant le traitement et la convalescence.
Comme on s’attend à ce que le système de santé prenne en charge la plupart des prestations d’ordre médicale, on est souvent surpris·e de découvrir le nombre de dépenses associées à la prise en charge de la maladie. Bien que certaines choses puissent sembler relativement insignifiantes prises isolément, elles peuvent s’accumuler rapidement, transformant ainsi, au fil du temps, un petit problème en une véritable montagne. D’autres peuvent avoir des répercussions bien plus importantes, surtout si les traitements affectent sa capacité à travailler ou à s’occuper de sa famille. Ce sont là d’énormes fardeaux qui peuvent être difficiles à surmonter.
Avoir une meilleure idée de ce à quoi s’attendre peut faciliter la planification et permettre de trouver de l’aide avant que les difficultés financières ne commencent à s’accumuler.
Dépenses liées au transport et au stationnement
L’un des postes de dépense imprévus les plus courants concerne les trajets pour se rendre aux séances de traitement et en revenir, comme les rendez-vous médicaux, les examens d’imagerie, les consultations, les interventions chirurgicales, les traitements de chimiothérapie et de radiothérapie, les suivis, etc. Se rendre à tous ces rendez-vous, ou compter sur sa famille pour s’y rendre, peut faire augmenter le kilométrage du véhicule, alourdir des factures d’essence déjà élevées ou obliger à passer du temps dans les transports en commun.
Lorsque l’on s’y rend en voiture, on doit tenir compte des frais de stationnement dans les hôpitaux et les cabinets médicaux, qui ne sont souvent pas gratuits. Les tarifs peuvent varier d’une région à l’autre : certains hôpitaux situés dans les grandes villes peuvent facturer jusqu’à 25 $ par jour, tandis que d’autres facturent autour de 10 $. Quoi qu’il en soit, des consultations fréquentes peuvent représenter, à long terme, des centaines, voire des milliers de dollars de frais de stationnement à sa charge.
Lorsque l’on habite dans une zone rurale ou isolée où il n’y a pas de centre de soins à proximité, on peut avoir à prendre en charge les frais de transport en avion, d’hébergement, de taxi et de repas pour accéder aux soins.
Néanmoins, on peut réduire ces frais de plusieurs façons en :
- Se renseignant auprès de son centre de cancérologie pour savoir s’il propose des passes de stationnement à tarif réduit
- Conservant les reçus liés à ses déplacements pour raisons médicales, car certains peuvent donner droit à des déductions fiscales
- Se renseignant sur les bourses de recherche, les programmes et les services bénévoles proposés dans sa communauté par des organismes de soutien provinciaux ou locaux
Dépenses liées aux services et traitements médicaux
Dans certaines régions du Canada, il est malheureusement fréquent que certains médicaments prescrits pour traiter le cancer du sein ne soient pas entièrement pris en charge. De plus, il se peut que les médicaments les plus récents n’aient pas encore franchi toutes les étapes du processus complexe de financement des médicaments requis pour bénéficier d’une prise en charge publique.
Même lorsqu’un médicament a franchi toutes les étapes du processus d’autorisation, toutes les provinces ne choisissent pas de l’intégrer à leur régime public d’assurance-médicaments. La prise en charge des médicaments peut varier en fonction de sa province, de son âge, de ses revenus et de son assurance privée. Beaucoup de gens pensent que tous les traitements contre le cancer et les médicaments associés sont entièrement pris en charge, mais ce n’est pas toujours le cas. Dans certaines provinces, certains médicaments contre le cancer par voie orale pris à domicile peuvent ne pas être pris en charge de la même manière que les traitements administrés à l’hôpital. De ce fait, certaines personnes doivent assumer des frais importants, à moins qu’elles ne disposent d’une assurance privée ou qu’elles ne remplissent les conditions requises pour bénéficier des programmes provinciaux de remboursement des médicaments. Sans compter que l’on peut avoir besoin d’autres médicaments pour gérer les effets secondaires tels que les nausées, la douleur, les infections et les troubles du sommeil.
En vérifiant dès maintenant votre couverture des médicaments sur ordonnance, vous pourrez mieux vous préparer à faire face à ces lacunes. Vérifiez ce qui est pris en charge par votre assurance privée, si vous en avez une, et ce à quoi vous avez droit dans le cadre des régimes publics de remboursement des médicaments. Votre pharmacie peut peut-être vous proposer des alternatives moins coûteuses, tandis que votre hôpital dispose peut-être de conseiller·ères spécialisé·es dans l’accès aux médicaments pour vous aider à obtenir un remboursement.
Enfin, n’hésitez pas à évoquer avec votre équipe soignante toute préoccupation d’ordre financier que vous pourriez avoir. Les travailleur·ses sociaux·les, les accompagnateur·trices de patient·es et les pharmacien·nes peuvent avoir connaissance de programmes d’aide aux patient·es ou d’autres possibilités d’aide financière.
Dépenses liées à la convalescence
Après l’opération, on peut avoir besoin d’une brassière post-mastectomie ou d’une prothèse mammaire. On peut également avoir besoin de vêtements de compression pour prendre en charge un lymphœdème, ou de séances de physiothérapie pour réduire le risque d’en développer un. On peut également avoir à acheter des perruques, des foulards ou autres couvre-chefs si l’on souffre d’une perte de cheveux pendant un traitement systémique.
Ce sont là des choses qui peuvent améliorer de façon significative votre quotidien, mais qui peuvent rapidement revenir cher. Vérifiez si votre assurance prend en charge ces services et accessoires. De nombreuses assurances proposent un remboursement, au moins partiel, des prothèses, des vêtements de compression ou des séances de physiothérapie. Les conseiller·ères certifié·es des boutiques spécialisées dans les prothèses mammaires connaissent souvent bien les programmes de prise en charge publique et les conditions d’assurance.
Enfin, contactez les associations caritatives locales ou les programmes communautaires susceptibles de vous apporter une aide financière.
Perte de revenus
Alors que les frais de stationnement, les dépenses liées à la convalescence et les médicaments sur ordonnance s’accumulent, la perte de revenus peut constituer l’un des facteurs ayant le plus d’impact sur sa situation financière.
Les effets secondaires, les séances de traitement et la convalescence peuvent empêcher de continuer à travailler au même rythme qu’auparavant. Certaines personnes doivent prendre des congés pour cause médicale, tandis que d’autres doivent réduire leurs heures ou leur charge de travail.
Si vous êtes salarié·e, renseignez-vous sur les avantages sociaux proposés par votre entreprise ou organisation. Vous pourriez avoir droit à une indemnisation pour incapacité de travail de courte durée, à une indemnisation pour incapacité de travail de longue durée ou à un congé maladie. Des prestations de maladie de l’assurance-emploi peuvent également être versées aux personnes admissibles qui sont dans l’incapacité de travailler pour cause de maladie.
Anticiper
Chaque situation est différente et chaque difficulté financière a des conséquences qui lui sont propres. Les répercussions sur soi et sa famille dépendent de plusieurs facteurs, notamment du plan de traitement, du lieu de résidence et des aides disponibles.
Posez des questions, passez en revue les prestations auxquelles vous avez droit, conservez vos reçus, établissez un budget et discutez-en avec votre équipe soignante. Vous ne vous en rendez peut-être pas compte, mais il existe sans doute davantage de soutien que vous ne le pensez.