La Voix Des Canadiennes Atteintes D'un Cancer Du Sein

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Personnes trans et non binaires : prise en charge du cancer du sein et sensibilisation

Être trans peut parfois signifier n’être ni acceptée ni validée dans de nombreuses facettes de la société. Malheureusement, cet effacement peut également se constater dans le domaine de la santé. En cette Journée de la visibilité transgenre, nous soulignerons certains faits et statistiques au sujet du cancer du sein chez les personnes trans.

Une étude menée par l’hôpital St. Michael’s à Toronto démontre que les transgenres canadiens sont 70 % moins susceptibles de faire l’objet d’un test de dépistage du cancer du sein que les Canadiennes cisgenres1. L’étude suggère que cette sous-représentation pourrait s’expliquer par le fait que des gens ne réalisent pas que les femmes non cisgenres peuvent être atteintes d’un cancer du sein d’une part et par les expériences vécues par les personnes trans dans le système de santé d’autre part2. Cela peut aller de l’affirmation ou non du genre au malaise ressenti lors d’une discussion sur leur identité. Les hommes trans et les individus non binaires en particulier peuvent se sentir mal à l’aise dans le milieu du cancer du sein, un domaine très majoritairement axé sur les femmes3. Étant donné l’expérience négative vécue par certaines personnes trans, la recherche et l’information sur le sujet sont limitées.

Il importe que les gens trans et non binaires fassent valoir leurs droits en ce qui concerne la santé de leurs seins. Toutefois, le système de santé a la responsabilité de faire en sorte qu’ils se sentent vus et entendus.

Statistiques et faits

Une étude publiée par le British Medical Journal (BMJ) a constaté que comparativement aux hommes cis, les femmes trans qui prennent des hormones comme l’œstrogène ou un antiandrogène courent un risque 46 % plus élevé de développer un cancer du sein. Ce risque est considérablement moins élevé que celui qui existe pour les femmes cis4.

Les hommes trans et les personnes faisant partie du spectre transmasculin qui subissent une opération à la poitrine risquent de développer un cancer. Les interventions chirurgicales pratiquées sur les hommes trans ressemblent à une double mastectomie, à l’exception que du tissu mammaire demeure en place. Conséquemment, un cancer peut y apparaître plus tard5. Par contre, les hommes trans pourraient présenter un risque inférieur à celui des femmes cisgenres de souffrir d’un cancer du sein étant donné leur plus faible quantité de tissu mammaire6.

L’hormonothérapie chez les femmes trans se traduit par une augmentation du niveau d’œstrogène, une hormone qui constitue un facteur de risque pour le cancer du sein. De la même façon, le risque de développer un cancer du sein est accru par l’utilisation de progestatifs. Ces derniers sont parfois utilisés par les femmes trans pour supprimer l’effet de l’hormone lutéinisante, permettant ainsi de réduire la production d’androgènes7.

Ressources et défense des droits

Le Centre de santé de Sherbourne à Toronto, un établissement réputé auprès des personnes trans, a publié un rapport exhaustif qui énonce les lignes directrices concernant les soins de santé et la prise en charge du cancer du sein chez les personnes trans et non binaires. Les lignes directrices suivantes au sujet du dépistage ont été émises :

  • Les femmes trans de 50 ans et plus qui ont opté pour une hormonothérapie substitutive pendant plus de cinq ans devraient faire l’objet d’un test de dépistage tous les deux ans.
  • Les hommes non binaires et trans qui n’ont pas subi de mastectomie et qui ne prennent pas de testostérone devraient suivre les mêmes lignes directrices en matière de dépistage que les femmes cisgenres.
  • Les hommes trans et les personnes faisant partie du spectre transmasculin qui ont subi une mastectomie devraient opter pour une échographie ou un examen d’IRM ciblé au lieu d’une mammographie étant donné leur faible quantité de tissu mammaire.

Photo par Brian Kyed sur Unsplash