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La voix des personnes atteintes d'un cancer du sein

Éducation

blogue À nous la parole

Pourquoi s’informer sur la densité de ses seins?

Par Adriana Ermter

Dans notre rubrique bimestrielle, la rédactrice en chef et auteure Adriana Ermter raconte son expérience du cancer du sein.

Avant d’apprendre que j’avais un cancer du sein, voici ce que je pensais de ma poitrine :
bonnet B, ferme et attrayante, même sans brassière.

C’est une belle description, non? C’est parce qu’à l’époque, j’aimais mes seins. J’avais une relation heureuse avec eux, je les prenais tels qu’ils étaient, et cela fonctionnait. Ou du moins, c’est ce que je croyais jusqu’à ce qu’on me diagnostique un cancer du sein. Maintenant, du fait de ce que je sais, je m’inquiète de toutes sortes de choses, comme le fait d’avoir des seins denses.

Pourquoi est-ce important de connaître la densité de ses seins?
Parce qu’une forte densité mammaire augmente le risque de cancer du sein. C’est aussi simple que cela. Un tissu mammaire dense peut masquer les tumeurs sur les mammographies, rendant le cancer plus difficile à détecter. Cela peut également augmenter le risque de cancers de l’intervalle, c’est-à-dire des cancers diagnostiqués entre deux examens de dépistage normaux. Ces cancers sont souvent plus agressifs lorsqu’ils sont diagnostiqués à un stade avancé.

Quand je suis allée à la clinique spécialisée dans le cancer du sein à cause de la grosseur que j’avais sentie, je suis repartie sans diagnostic. Peut-être était-ce parce que la tumeur se trouvait dans mon aisselle et que je l’avais découverte en me rasant? Je pouvais sentir sa forme dure, ronde, semblable à celle d’un petit pois, à travers ma peau, et plusieurs médecins étaient venu·es l’examiner et la palper. Pourtant, aucun ne la prise au sérieux. On m’a dit que j’étais trop jeune pour avoir un cancer, que je n’avais pas d’antécédents familiaux et que je n’étais pas porteuse des gènes BRCA I et II. Ce jour-là, j’ai passé ma toute première mammographie, juste avant d’être renvoyée chez moi avec pour seul conseil de ne pas m’inquiéter.

Ce qui, bien sûr, n’a pas été le cas. Je me suis inquiétée pendant six mois, appelant la clinique tous les 30 jours pour demander poliment à faire un deuxième dépistage. Et cela a marché. On m’a accordé une autre mammographie. Après l’examen, alors que l’équipe médicale m’envoyait me rhabiller, j’ai dû leur rappeler que la grosseur se trouvait dans mon aisselle, en dehors de la zone couverte par la mammographie, et qu’elle avait grossi depuis ma dernière visite. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’on m’a appris que j’avais des seins denses. L’un·e des médecins qui m’avait examinée l’a mentionné à l’un·e de ses étudiant·es — c’était un hôpital universitaire — et comme j’étais allongée juste à côté, je les avais entendu·es. Je leur ai donc demandé ce que cela voulait dire « avoir les seins denses ».

Qu’est-ce que la densité mammaire?
La densité mammaire fait référence à la densité des tissus qui composent l’intérieur des seins. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut sentir au toucher et cela n’a rien à voir avec la taille, la fermeté ou l’apparence des seins.

Il s’agit de la quantité de tissu fibreux et glandulaire présent dans les seins — souvent appelé densité fibroglandulaire — par rapport à la quantité de tissu adipeux. Ce tissu ne peut être observé que sur une mammographie. Le tissu dense apparaît blanc, de la même couleur qu’une tumeur, ce qui rend le cancer plus difficile à détecter. Le tissu adipeux apparaît sombre sur une mammographie, ce qui facilite la détection d’anomalies telles que le cancer. Lorsque les radiologues examinent les images mammaires issues d’une mammographie, d’une échographie et/ou d’une IRM, ils utilisent un cadre standardisé appelé Breast Imaging-Reporting and Data System (BI-RADS) pour consigner leurs conclusions, qui incluent la densité mammaire.

Tout comme les tailles de bonnets de soutien-gorge, la densité mammaire est mesurée selon des catégories qui, comme l’indique Action Cancer Ontario, sont désignées par les lettres A, B, C ou D. La catégorie A correspond à des seins presque entièrement composés de tissu adipeux. La catégorie B indique des zones éparses de densité fibroglandulaire. La catégorie C signifie que l’on a des seins hétérogènes denses, c’est-à-dire un mélange de tissu dense et de tissu adipeux, le tissu dense représentant une partie importante, mais pas la totalité, du sein. La catégorie D désigne des seins extrêmement denses, c’est-à-dire lorsque la majeure partie du tissu mammaire est dense.

Qui est à risque?
Beaucoup de femmes. Les seins denses sont très courants, en particulier chez les femmes âgées de 20 à 39 ans, période durant laquelle les seins sont naturellement plus denses, car leur densité peut diminuer avec l’âge et la ménopause. L’association Dense Breasts Canada confirme cette affirmation, estimant que 56 % des femmes dans la quarantaine ont des seins denses, contre 37 % chez les femmes dans la cinquantaine et 27 % chez celles dans la soixantaine. La Breast Cancer Research Foundation ajoute qu’environ 40 % des femmes sont dans la catégorie C et environ 10 %, dans la catégorie D.

Les femmes dans la catégorie D ont également un risque quatre à six fois plus élevé de développer un cancer du sein que les femmes dont les seins sont principalement composés de tissu adipeux. Pour les femmes ayant des seins denses, la mammographie seule peut ne pas suffire comme méthode de dépistage. Des examens complémentaires, tels que l’échographie mammaire et/ou l’IRM mammaire, permettent de détecter les cancers que la mammographie ne peut détecter. Dans mon cas, ces deux examens se sont avérés bénéfiques, car ils ont permis de mettre en évidence non seulement la tumeur dans mon aisselle, mais aussi la queue de la tumeur qui s’étendait de mon aisselle à mon sein.

Bien que l’échographie et l’IRM ne soient pas couramment utilisées pour le dépistage du cancer du sein, car elles peuvent entraîner davantage de résultats faussement positifs, des examens supplémentaires et des biopsies inutiles, elles peuvent être utilisées comme outils de dépistage complémentaires pour les personnes ayant des seins denses. L’échographie permet de différencier les masses solides des kystes remplis de liquide. L’IRM est l’outil de dépistage le plus sensible, mais elle nécessite un produit de contraste intraveineux, est plus coûteuse et moins largement disponible. Elle est souvent recommandée pour les femmes à haut risque, notamment celles qui présentent également des facteurs de risque supplémentaires, tels que des antécédents familiaux de cancer du sein ou une mutation génétique connue.

Quelle est la meilleure approche?
Se faire dépister et s’informer, en commençant par faire une mammographie régulièrement. Demandez à en faire une dès aujourd’hui et, immédiatement après, demandez au médecin si vous avez des seins denses, dans quelle catégorie de densité mammaire vous vous situez, comment cela peut affecter votre risque de cancer du sein et si, en plus de la mammographie, un autre type d’examen serait approprié dans votre cas. Vous pouvez également demander à quelle fréquence vous devez vous faire dépister, quel type d’imagerie vous convient le mieux (mammographie, échographie et/ou IRM) sur une base annuelle et si vous devriez prévoir des mises à jour ou des changements dans votre dépistage à mesure que vous vieillissez. Le document 10 questions pour vous aider à comprendre votre risque de cancer du sein du RCCS peut vous aider à orienter ces conversations et à vous assurer que vous posez les bonnes questions au sujet des risques et des options de dépistage.

Il n’existe pas d’approche universelle. Dans certaines provinces, s’il s’avère que vous avez des seins denses, on vous informe directement. Dans d’autres, ces informations ne peuvent être communiquées que par un prestataire de soins primaires. Cela signifie que beaucoup de femmes, comme moi, ne connaîtront jamais la densité de leurs seins si elles ne le demandent pas.

Mais surtout, n’oubliez pas qu’avoir des seins denses est tout à fait normal et n’est pas une maladie en soi. Il s’agit d’un facteur de risque. Et comme tous les facteurs de risque, cela mérite transparence, discussion et action. Savoir que l’on a des seins denses ne signifie pas vivre dans la peur. Cela signifie que l’on est informée, que l’on peut poser des questions plus pertinentes et que l’on doit insister pour passer des examens de dépistage appropriés. Car une fois qu’on le sait, on ne peut plus l’ignorer. Et lorsqu’il s’agit de la santé de ses seins, la connaissance n’est pas source d’anxiété. C’est une force.

Adriana Ermter est une auteure et rédactrice primée. Vous pouvez lire ses écrits dans IN Magazine, Living Luxe, 29Secrets.com, RethinkBreastCancer.ca et AmongMen.com. Cette ancienne chroniqueuse beauté du magazine FASHION et rédactrice en chef des magazines Salon et Childview habite à Toronto avec ses deux chatons très gâtés, Murphy et Olive, qu’elle a recueillis. Vous pouvez la suivre sur Instagram (@AdrianaErmter).


Les points de vue et les expériences exprimés à travers les histoires personnelles sur le blog Our Voices sont ceux des auteurs et de leurs expériences vécues. Ils ne reflètent pas nécessairement la position du Réseau canadien du cancer du sein. Les informations fournies n’ont pas été examinées médicalement et ne sont pas destinées à remplacer un avis médical professionnel. Demandez toujours conseil à votre équipe de soins lorsque vous envisagez vos plans et objectifs de traitement.