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Série sur les essais cliniques. 2e partie : Déboulonner les mythes les plus répandus concernant les essais cliniques

Dans la première partie de notre série de blogues sur les essais cliniques, nous expliquions en quoi consistent les essais cliniques, les raisons pour lesquelles vous devriez y participer et la façon d’obtenir plus d’informations à leur sujet. Cependant, des inquiétudes vous poussent peut-être à demeurer réticentes à vous y inscrire malgré vos meilleures connaissances. Ces préoccupations sont légitimes et de nombreuses autres patientes atteintes d’un cancer du sein les partagent. Cependant, certaines de ces inquiétudes s’avèrent fondées sur des inexactitudes. Dans cette deuxième partie de notre série de blogues sur les essais cliniques, nous déboulonnerons certains des mythes les plus répandus concernant les essais cliniques. Nous espérons vous offrir ainsi des renseignements factuels qui vous permettront de déterminer de façon plus éclairée si les essais cliniques vous conviennent ou non.

Mythe n1 :

Une fois l’essai clinique commencé, je dois continuer jusqu’à la fin.

Fait :

La participation à un essai clinique nécessite un consentement éclairé. Cela signifie que vous recevrez de l’information sur le traitement à l’étude avant de commencer, mais aussi que vous continuerez à en recevoir pendant et après1. Même si vous signez un formulaire de consentement stipulant que vous êtes au courant des détails de l’étude et que vous pouvez y participer, vous avez le droit de quitter l’essai à tout moment, peu importe la raison. Les responsables de l’étude veilleront à ce que vous puissiez cesser le traitement en toute sécurité et vous serez ensuite en mesure de poursuivre votre traitement habituel avec l’aide de votre médecin ou de votre fournisseur de soins2.

Mythe n2 :

Les essais cliniques constituent une solution de dernier recours.

Fait :

Les essais cliniques ne s’adressent pas uniquement aux personnes qui pensent avoir épuisé toutes les autres options de traitement. Au contraire, ils peuvent vous offrir un plus grand nombre de traitements, potentiellement meilleurs, que les soins standards. Les promoteurs d’essais cliniques fixent des critères très précis pour sélectionner les participants. Parfois, ne recevoir aucun autre traitement constitue une condition d’admissibilité.

Mythe n3 :

Je serai traitée comme un cobaye.

Fait :

Les essais cliniques qui se déroulent au Canada doivent suivre des lignes directrices strictes établies par Santé Canada pour veiller à la protection des patients3. Avant d’être administrés à des humains, les traitements étudiés lors d’essais cliniques font aussi l’objet d’essais précliniques (qui peuvent prendre des années) au cours desquels leur innocuité est vérifiée à l’aide d’animaux ou de cellules dans des boîtes de Pétri4. Vous devez également fournir un consentement éclairé, ce qui signifie que vous serez tenue informée avant, pendant et après les essais cliniques5. Par ailleurs, la qualité des soins se révèle parfois meilleure que ce qui prévaut habituellement. Cela s’explique par le fait que les patients des essais cliniques sont étroitement surveillés et accompagnés et que tout problème est investigué6

Mythe n4 :

Si je me retrouve dans le groupe placebo, je ne recevrai aucun traitement.

Fait :

Vous retrouver dans le groupe placebo signifie que vous ne recevrez pas le traitement à l’étude. Dans la plupart des essais cliniques, l’attribution au groupe placebo (ou témoin) et au groupe expérimental (celui qui reçoit le traitement évalué) se fait de façon aléatoire. Si vous êtes placée par hasard dans le groupe placebo, vous recevrez tout simplement le traitement standard7. Cela veut dire que peu importe le groupe dans lequel vous vous retrouverez, vous recevrez toujours un traitement.

Mythe n5 :

Mon médecin me dira à quel essai participer.

Fait :

Des centaines d’essais cliniques sont autorisés par Santé Canada chaque année. Votre médecin ou votre fournisseur de soins pourraient très bien connaître les essais offerts là où il ou elle travaille. Cependant, il existe peut-être des essais non offerts dans leur lieu de travail qui pourraient s’avérer bénéfiques. Certaines patientes sont aussi capables et désireuses de se rendre dans d’autres centres de cancérologie, d’autres villes ou d’autres provinces pour participer à un essai clinique. Effectuer vos propres recherches vous permettra d’évaluer si des essais autres que ceux offerts là où vous être traitée présentent un possible avantage. Vous serez ensuite en mesure de discuter de leur intérêt avec votre équipe de soins. Si c’est le cas, votre équipe pourra vous aiguiller sur la marche à suivre pour vous inscrire à un essai clinique hors de votre lieu de traitement. Vous pouvez visiter Essais cliniques Ontario ou ClinicalTrials.gov pour chercher parmi les essais cliniques canadiens offerts auxquels vous pourriez participer.

Votre médecin ou votre fournisseur de soins est là pour vous aider à décider de participer ou non à un essai clinique et, le cas échéant, à le choisir. Cela signifie qu’ils ne peuvent pas vous forcer à vous inscrire ni vous en empêcher.

Mythe n6 :

Participer à un essai clinique n’est pas sécuritaire.

Fait :

Même si les essais cliniques comportent leurs propres éventails de risques, comme toute chose d’ailleurs, ils demeurent sécuritaires. Le traitement évalué doit d’abord subir un essai préclinique sur des sujets non humains qui dure des années. Les essais cliniques sur des humains ne peuvent avoir lieu que si cela est jugé sécuritaire8. Le processus d’étude d’un nouveau traitement sur les humains, réglementé par Santé Canada, nécessite le respect de normes éthiques évaluées par un comité d’éthique de la recherche9. Le promoteur de l’essai clinique doit présenter un protocole qui consiste en un plan détaillé de ce que comporte l’essai clinique. De plus, l’essai clinique cessera advenant un problème de sécurité ou un imprévu10.

Les chercheurs ne remettent pas la documentation portant sur leur étude qu’au gouvernement, mais également aux patients. Les formulaires de consentement sont accompagnés d’informations sur l’étude comme sa durée et les effets secondaires possibles11. Votre signature du formulaire de consentement indique que vous l’avez lu et non pas que vous vous engagez à poursuivre l’essai clinique jusqu’à la fin. Vous pouvez mettre un terme à votre participation à tout moment et pour n’importe quelle raison12. N’hésitez pas à poser des questions sur tout sujet de préoccupation que vous pourriez avoir avant de signer le formulaire de consentement.

Mythe n7 :

Je ne peux pas participer à un essai clinique à cause du stade de mon cancer.

Fait :

Chaque essai clinique possède sa liste particulière de critères d’admissibilité. Ces derniers peuvent être basés sur l’âge, les antécédents familiaux ou médicaux, etc. Par conséquent, des essais cliniques sont offerts pour différents types et stades de cancer du sein13. La meilleure façon de savoir s’il existe un essai clinique qui correspond à votre situation est de vérifier auprès de votre médecin ou fournisseur de soin et d’effectuer aussi vos propres recherches en commençant par visiter Essais cliniques Ontario ou ClinicalTrials.gov.

Photo par Chang Duong sur Unsplash